Claude Pouette, ancien du DUT GMP

Diplômé d’un DUT Génie Mécanique et Productique, Claude Pouette a enchaîné ses études à l’ENAC afin d’effectuer une formation de pilote de ligne.

Pourquoi avoir choisi la formation Génie mécanique ?

J’avais ce très ancien rêve de devenir pilote de ligne depuis toujours. Mais c’est une filière compliquée et étroite, je n’étais pas sûr du tout de pouvoir réussir, donc, j’avais en plan B de devenir ingénieur dans la construction mécanique qui est un sujet qui m’intéresse beaucoup (ndlr : raison qui a amené M. Pouette vers le DUT GMP en amont de l’école d’ingénieur). Il s’est avéré par la suite, que cette formation (celle d’ingénieur) pouvait m’amener également au métier de pilote de ligne mais par un chemin un peu plus long.

Quel emploi occupez vous actuellement ?

Je suis commandant de bord sur Boeing 777, c’est un avion long courrier. Le réseau du 777 c’est tout ce qui fait plus de 5 heures de vol jusqu’à 15 heures de vol. Grosso modo, c’est les Etats-Unis, l’Amérique du Sud, l’Asie jusqu’au Japon, l’Océanie jusque Singapour, puis l’Afrique entière.

Comment avez-vous fait pour trouver cet emploi ?

J’ai postulé chez Air France à la fin de l’Ecole Nationale de l’Aviation Civile et quand j’ai eu mon diplôme de pilote, j’ai passé une sélection chez Air France et j’ai été retenu. C’était les années où ils cherchaient des pilotes, j’ai eu de la chance.

Comment se faisait la sélection ?

La sélection était longue mais surtout pour entrer à l’ENAC. C’était une vraie sélection très complète avec des tests de connaissances générales en maths, physique et anglais. Ensuite, j’ai effectué des entretiens avec des psychologues, des entretiens avec des professionnels mais aussi des épreuves de sport, des épreuves en vol, des tests psychomoteurs et enfin de la psychotechnique. Et donc ensuite, Air France considérant que réussir cette sélection est déjà suffisant, de ce fait, pour entrer chez eux, j’ai seulement dû passer des entretiens avec des psychologues et des professionnels d’Air France qui m’ont ausculté sous tous les angles, pour savoir si je rentrais dans les critères de sélection.

Quelles sont les démarches importantes à connaître pour réussir sa recherche d’emploi à votre avis?

Je suis rentré dans une filière où à l’issue il y avait de la demande. Ca n’a pas été une formalité car quelques-uns n’ont pas réussi mais on était quand même bien préparé. La sélection a été une validation que notre niveau était suffisant à la sortie de l’école finalement. Par contre, si je peux me permettre de donner un petit conseil, j’ai toujours mis la passion en avant plutôt que les voyages, les conditions de vie ou de rémunération, en me disant que forcément la passion s’érode un peu au fur et à mesure et que s’il y en a pas beaucoup au départ, ça risque d’être compliqué d’aller travailler ensuite tous les matins.

Qu’est-ce qui vous passionne dans votre métier ?

Plus que les voyages, ce qui me passionne le plus c’est de piloter un avion et me retrouver en l’air. C’est la base de ce qui me motive. Après, évidemment, j’ai pris goût aux voyages mais je n’étais pas globe-trotter dans l’âme. J’ai découvert le monde et c’est très intéressant mais ce qui me passionne en premier, c’est le pilotage et la maitrise d’un avion. Ce qui est super c’est de se mouvoir dans les trois dimensions et donc de voir les choses vues d’en l’air.

Quelles sont les compétences à avoir pour faire votre métier ?

La première qualité que l’on place au-dessus de toutes les autres, c’est l’honnêteté intellectuelle. Plutôt que d’être un bon pilote, il faut être honnête et reconnaître quand on fait des erreurs. L’objectif de ça, c’est d’améliorer la sécurité des vols. Il ne peut pas y avoir de sécurité des vols et donc de transport de passagers en sécurité, si les pilotes ne sont pas capables de faire leur autocritique, de savoir quand ils ont fait une erreur, de la reconnaitre et de savoir comment on peut améliorer les choses.
Et après il faut essayer d’être un bon manœuvrier, quelqu’un qui manipule bien les appareils, mais ça, ça passe en second.

Est-ce que votre DUT Génie Mécanique vous a servi pour la suite de votre parcours ?

Ça m’a servi dans ma vie… après, dans mon métier, j’aurais pu passer par une autre voie. Si j’avais eu le niveau, je serais passé par une prépa. Mais ça a été un bon marche pied, ça m’a permis d’intégrer l’école d’ingénieur après, donc effectivement c’était quelque chose qui correspondait bien à mon niveau.
Par contre, la formation pratique que j’ai eue dans le travail des matériaux et des machines me permet de bricoler encore aujourd’hui, d’avoir une vision un peu plus technique sur les bricolages à réaliser et les choses à fabriquer.