Lucie Briot, ancienne du Master Psychologie du travail

Entretien avec Lucie Briot, consultante en recrutement pour la société CPL (Computer Placement Limited) à Dublin, depuis 2008. Ancienne étudiante en master professionnel Psychologie du travail à l’Université de Bourgogne.

Pourquoi avoir choisi ce parcours ?

Après ma licence de psychologie, j’ai eu le choix entre la psychologie clinique ou la psychologie sociale. Ce sont deux mondes différents, le premier est complexe et les débouchés sont minces (seuls 10 étudiants sont retenus en M2). Alors que le second offre des possibilités dans le domaine du recrutement et des ressources humaines. J’ai effectué un stage chez Adecco, une société d’intérim, c’est là où j’ai réellement découvert les responsabilités d’un recruteur. J’ai pu m’exercer aux tâches administratives comme la rédaction d’un contrat ou d’une fiche de paie. Ça fait aussi partie du métier. Après cela, je n’avais plus de doutes ! Le format du master, 3 jours de stage / 2 jours de cours, m’a permis de suivre des dossiers, de réaliser des entretiens directes et de maîtriser le relationnel avec les candidats. Mon expérience au sein du cabinet JPG Consulting fut des plus enrichissantes.

Comment avez-vous trouvé cet emploi ?

J’avais en tête de partir à l’étranger et honnêtement je ne me sentais pas prête pour un poste fixe à 23 ans. Par pur hasard, je suis partie à Dublin au moment où l’Irlande était en plein boom. Beaucoup de Français s’y rendaient pour trouver du travail et perfectionner leur anglais, alors pourquoi pas moi ! Mais une fois sur place, ce fut la déception car la crise a frappé et j’ai dû changer mes plans. J’ai travaillé dans un pub durant un an. J’avais besoin de temps pour me sentir à l’aise dans la langue pour postuler dans des cabinets de recrutement. Le poste à CPL est arrivé au bon moment. Je m’y sens bien, je suis chargée de recruter des agents de clientèle pour des centres d’appels. Je travaille beaucoup avec les Scandinaves, ils sont très tolérants lorsque je fais des fautes de français. C’est appréciable de travailler dans une bonne atmosphère tout en faisant un travail qui nous plaît.

Quels souvenirs gardez-vous du master ?

De très bons souvenirs. J’étais assez fière de terminer major de promo ! C’est un master méconnu et surtout peu reconnu. Tous mes anciens camarades ont trouvé un poste à la suite de leurs diplômes. C’est une filière professionnalisante grâce à laquelle on met un pied dans le monde du travail. Nous sommes formés à l’analyse du comportement humain et du langage, ce qui fait notre force face à des étudiants issus de master Ressources Humaines.

Quels conseils donneriez-vous aux jeunes diplômés dans leurs démarches d’insertion ?

Quand on arrive à la fac, on ne sait pas trop où on va. On intègre une filière mais on ne pense pas à l’après licence, voire à l’après master. Il serait intéressant de présenter les masters et les débouchés dès l’entrée en 1ère année. Les étudiants seraient plus vigilants quant à leurs choix d’options ou de stages. L’information est primordiale et le fait de donner la parole à d’anciens étudiants est une bonne initiative car nous sommes aptes à répondre aux interrogations. Je conseille vivement aux étudiants de partir à l’étranger, de découvrir d’autres cultures et d’autres façons d’appréhender le milieu du travail. Ça vous fait grandir. L’Université recèle de très bonnes formations, il suffit juste de les mettre en évidence.

[Propos recueillis par Charlène Raverat Master euromédias]