Marie Fernet, ancienne de Droit

Aujourd'hui avocate spécialisée en droit commercial, droit de la distribution et arbitrage, Marie est un étudiante 100% uB. Elle nous raconte son brillant parcours de juriste.

Pouvez-vous nous retracer votre parcours ?

Je suis arrivée à l’université de Bourgogne à 17 ans, après mon bac, en 1998. J’ai obtenu ma maitrise en droit des affaires mention droit international, puis je suis partie un an à Paris pour un master Commerce International en école de commerce. Je suis ensuite revenue à Dijon pour mon DEA qui à l’époque s’appelait « Droit de l’Economie, mention Droit International » (aujourd’hui c’est le master « Droit des affaires internationales ».
J’ai ensuite préparé mon doctorat à l’uB sous la direction de M. Loquin.

Une fois docteur, j’ai suivi la formation de l’Ecole de formation du barreau à Paris (formation sur laquelle je porte d’ailleurs un regard très critique tant concernant le contenu, le coût que les modalités d’organisation) avant de prêter serment en 2011.

Pourquoi avoir choisi cette spécialité de formation ?

J’étais prise en prépa mais je n’avais pas envie de rester dans un lycée. Je me suis donc tournée vers l’université. J’ai hésité entre Droit et Lettres. Et comme je ne connaissais pas le droit, l’attrait de la nouveauté a fait que je suis allée vers cette spécialité en me disant que je pourrais toujours faire quelque chose avec un diplôme en Droit.

J’avais aussi pour idée d’être journaliste, j’envisageais donc de bifurquer vers un IEP (Institut d'Etudes Politiques).

Et en fait j’ai adoré le droit, donc j’ai continué ! Pour le choix de la spécialité de maîtrise, j’avais aimé le droit international public, et j’’ai entendu M. Loquin nous présenter le droit international privé en fin de licence. Cela semblait intéressant. J’ai donc fait mon choix avant tout par intérêt intellectuel, sans projet précis.

Quel emploi occupez-vous actuellement ?

Je suis avocate, collaboratrice dans un cabinet parisien qui regroupe 4 avocats. J’exerce essentiellement en droit commercial, droit de la distribution et arbitrage.
C’est mon troisième cabinet depuis ma prestation de serment. Il y a, à Paris du moins, un assez gros turn-over chez les jeunes avocats, il peut être nécessaire de tester plusieurs collaborations avant de trouver celle qui convient.

Comment avez-vous fait pour trouver cet emploi ?

J’ai répondu à une annonce postée sur le site Internet « Le village de la Justice », un site spécialisé d’offres d’emploi juridiques. C’est un site très connu que les étudiants en droit ont déjà dû consulter je pense, notamment pour ses offres de stages. Je l’avais déjà utilisé, depuis la maitrise, pour mes recherches de stage et d’emploi.

On trouve aussi beaucoup d’annonce sur le site de l’UJA – l’Union des Jeunes Avocats.

Pour mes précédents emplois, j’ai aussi utilisé le site d’annuaire de cabinets d’avocats : Legal500. J’ai envoyé des candidatures spontanées. C’est pratique car on peut cibler par domaine.

Quelles sont les démarches ou les techniques importantes à connaître pour réussir sa recherche d’emploi à votre avis ? De quels outils vous êtes vous aidé ?

Je pense qu’il faut bien réfléchir à son CV, le faire relire, recueillir des avis. Il faut aussi expliquer autour de soi qu’on recherche quelque chose. Je suis persuadée qu’il y a beaucoup de recrutements qui se font d’abord par relation, sans passer par la publication d’annonce.

Concernant le CV, je pense qu’il faut se dire que les recruteurs le lisent très vite et qu’il faut appuyer très nettement sur les points importants. Ce qui est évident pour nous ne l’est pas pour celui en face : il faut être très explicite sur les points importants (et il faut compter sur le fait que le recruteur n’est pas attentif à tout)

De plus, je suis sur Viadéo et LinkedIn mais je n’ai pas l’impression que cela serve à quelque chose… pas pour le moment en tout cas.

Quels sont les éléments de votre parcours que vous avez le plus valorisés dans vos candidatures (formation, stages, expériences, activités personnelles, etc) ? Pourquoi ?

J’ai particulièrement mis en avant mes compétences liées au doctorat, c'est-à-dire la culture générale juridique, mes capacités d’adaptation, d’analyse et de rédaction.

Pour combattre l’idée fausse du manque de pragmatisme et d’expérience opérationnelle du docteur, j’ai aussi valorisé mes stages et mon expérience de juriste en entreprise.

De plus, les expériences d’engagement étudiant, ou les expériences non directement intégrées dans le cursus, permettent de mieux se connaître et de développer des compétences pas forcément directement exploitées dans un parcours de formation : les capacités relationnelles, le travail en équipe, la prise de parole.

Cela donne en tous cas, ensuite, de l’assurance et du recul. J’ai pour ma part présenté mes travaux à l’Expérimentarium (programme permettant les rencontres entre jeunes chercheurs de l’uB et différents publics) pendant ma thèse.

Et je me suis par ailleurs investie de la vie de l’université, via des mandats dans les différents conseils, des charges de mission, ou ma participation à la création de Génération Campus

Qu’est ce qui vous passionne dans le métier que vous faites ?

L’aspect juridique, j’aime le droit ! J’aime construire une argumentation. C’est un métier qui peut être, d’une certaine façon, assez créatif, notamment en conseil. Le contact avec les clients, l’aspect psychologique et relationnel sont aussi des éléments que j’apprécie.

Quelles sont les principales compétences (techniques/humaines) qu’il faut avoir à votre avis pour ce travail ?

D’abord de solides bases juridiques, puis de la curiosité et de la rigueur. Il faut aussi des capacités d’analyse et de synthèse et pouvoir travailler beaucoup. Cela varie selon le type d’exercice et les habitudes du cabinet, mais il peut être nécessaire de rester tard le soir, assez souvent à certaines périodes, ou de travailler le week-end quand un dossier l’exige.

Il faut aussi être réactif, mais savoir rester calme, absorber la pression du client qui s’appuie sur son conseil.

Au quotidien, il faut savoir travailler dans l’urgence (par exemple face à une assignation en référé, qui part nature vous laisse peu de temps pour réagir), gérer les imprévus sans perdre de vue les autres dossiers. Et il faut savoir tenir les délais, pour ne pas risquer de compromettre une procédure par exemple.

Quels conseils donneriez-vous aux jeunes diplômés dans leurs démarches d’insertion professionnelle ?

De prendre les aspects humains et relationnels, les éventuels échecs au sein d’un cabinet, ou lors d’un recrutement, avec le plus de détachement possible. Ne pas se laisser déstabiliser. La réalité est assez violente, il y a beaucoup de monde sur le marché. Il ne faut pas trop remettre en cause ses propres compétences.

Si ça ne se passe pas bien à un endroit, il est fort probable que ça se passera mieux avec un autre cabinet.

Et enfin, il me semble qu’il ne faut pas perdre de vue que la collaboration n’est censée être qu’une transition : il faut chercher à développer sa clientèle personnelle, réfléchir à la façon dont on veut exercer à terme.