Olivier Collinet de la Salle, ancien du Master Histoire contemporaine

Entretien avec Olivier Collinet de la Salle, ancien étudiant en Master d’histoire contemporaine à l’uB, aujourd’hui responsable des relations clientèles-pôle pharmacie au sein d’un grand laboratoire pharmaceutique.

Quels liens existe-t-il entre l’histoire contemporaine et la grande distribution ou un grand laboratoire pharmaceutique ?
A la croisée des chemins, Olivier Collinet de la Salle a su tisser ces liens en mobilisant les compétences acquises dans sa formation d’historien pour se faire ouvrir les portes de ces milieux professionnels et y trouver sa place.

Une insertion professionnelle réussie

Avec une maîtrise d’histoire contemporaine acquise en 1998 à l’université de Bourgogne, Olivier travaille aujourd’hui comme responsable des relations clientèles-pôle pharmacie au sein d’un grand laboratoire pharmaceutique. L’accès à ce poste traduit une évolution de carrière et une reconnaissance du travail accompli durant deux années alors qu’il occupait la fonction de délégué pharmaceutique au sein de la même entreprise. Avant d’entrer dans ce groupe, Olivier a exercé une année en tant que co-gérant d’un commerce –Tabac, presse, Loto-PMU– avec un projet de création d’activité remis en cause par l’évolution réglementaire concernant la vente du tabac. Auparavant, il a occupé durant cinq années les fonctions de chef de rayons, chef de marché et formateur dans le secteur de la grande distribution.

Les compétences de l’historien au service de l’activité de commerce

Pour accéder aux différents postes visés, Olivier a travaillé à la valorisation des compétences acquises au cours de ses années d’études, tant dans le cadre de sa formation d’historien que dans les activités professionnelles exercées pour financer ces dernières -guichetier commercial dans une banque dans le cadre de jobs d’été ; professeur d’histoire et surveillant dans un collège d’enseignement privé : "les meilleures compétences sont celles que l’on va aller chercher en développant les capacités de sa formation initiale : la recherche, l’information, le recoupement de l’information, des sources, l’analyse qui en découle et la synthèse. (…) A partir de la maîtrise, c’est [également] une capacité d’assimilation, d’auto-formation, d’adaptation, d’indépendance en termes de travail mais également la capacité de travailler en équipe. (…) [J’ai valorisé] ces compétences en parallèle de mon activité professionnelle qui était à l’époque dans la banque ; il ne faut pas avoir peur de mettre en valeur ses emplois d’été", explique-t-il. Ce sont ces compétences qui ont intéressé les différents employeurs d’Olivier, ouverts à des profils moins traditionnels, sensibles également à la transférabilité des compétences mise en perspective dans le cadre de son recrutement : "pour être un bon enseignant, il faut savoir vendre son cours ; pour être un bon commerçant, il faut savoir être pédagogue pour convaincre les clients". C’est par ailleurs la triple mobilité –géographique, professionnelle, intellectuelle- d’Olivier qui a rencontré l’attente des recruteurs.

"Entrer c’est bien… Rester c’est mieux"

Même s’il note une ouverture dans les recrutements depuis 3 ou 4 ans, Olivier souligne qu’il entre dans la catégorie des "profils atypiques". De ce fait, il présente ses différents recrutements comme des paris faits par les recruteurs qui n’ont pas été sans conséquences sur les prises de poste : "A partir du moment où vous rentrez dans une société avec un profil dit "atypique", il faut que vous fassiez vraiment vos preuves. C’est-à-dire que vous avez plus à démontrer que la personne qui a le diplôme pile poil en face. (…) Il faut se défoncer pour vraiment faire ses preuves et du coup être meilleur que les autres pour montrer à la personne qui a fait le pari qu’elle avait raison, et, du coup, conforter votre position".

[Entretien réalisé par Marie David, Responsable du développement des relations partenaires Plate-forme d’Insertion Professionnelle de l’uB]