Xavier Ronsin, Directeur de l'Ecole Nationale de la Magistrature et ancien de l'uB

Xavier Ronsin, Directeur de l’Ecole Nationale de la Magistrature, diplômé de droit à l'université de Bourgogne en 1978.

Vous avez obtenu votre diplôme de droit à l'université de Bourgogne en 1978. Qu’est-ce qui vous a fait choisir la magistrature ? Quel a été votre parcours depuis ?

Je n’avais pas d’idée professionnelle précise au cours de mes 2 premières années de droit. Aucun membre de ma famille n’avait de rapport de près ou de loin avec la magistrature ou le barreau. Mon envie, et je peux même dire ma vocation, sont nées de rencontres d’abord fortuites puis provoquées en troisième année avec des magistrats en poste au TGI de DIJON qui par leur enthousiasme m’ont communiqué  leur passion de leur métier. J’ai aussi eu en 4ème année la chance d’avoir pu bénéficier d’un stage annuel au tribunal d’instance, puis d’un autre auprès du procureur de la République de Dijon, qui m’ont convaincu que là était ma voie !

Un parcours effectué en grande partie au Parquet. Le Parquet-t-il toujours été votre domaine de prédilection ?

Pendant les 30 dernières années, j’ai eu un parcours essentiellement de magistrat pénaliste tant au siège (juge d’instruction à Lorient puis Chartres) qu’au parquet  de tribunaux de grande instance ou de parquets généraux (procureur à Roanne et Nantes, substitut général à Angers, avocat général à Rennes) et qu’en administration centrale (directeur adjoint de l’administration pénitentiaire). Bref un parcours très diversifié, riche, et une grande variété de « métiers » aussi bien d’expertise juridique que de manager d’équipes ou de projets. Mon arrivée à l’Ecole nationale de la magistrature dans le triple champ de la formation initiale, de la formation continue et des relations internationales est donc une nouvelle aventure passionnante…

Pour les étudiants en droit qui nous lisent, quelle variété de carrière offre la magistrature ? Les opportunités ont-elles évolué depuis votre entrée dans la vie active ?

On ne le sait pas mais cette variété est immense, aussi bien géographique que fonctionnelle comme en témoigne mon parcours. Peu de métiers offrent dans la fonction publique la possibilité d’exercer aussi vite de telles responsabilités et de construire un parcours professionnel conforme à sa personnalité ou à l’évolution de celle-ci au fil des années.

Quant aux opportunités, effectivement elles se sont considérablement accrues tant au niveau international (de nombreux postes de magistrats de liaison ont été créés dans le monde entier) que national par le biais notamment de détachements possibles pendant quelques années au sein d’administrations, de juridictions administratives et financières, ou d’autorités indépendantes.

La qualité de la formation des magistrats, leur expertise sont particulièrement appréciées à l’extérieur du monde judiciaire, et je m’en réjouis !

Et enfin, quel a été votre meilleur souvenir à l'uB ?

Je n’ai gardé que de bons souvenirs ! Cela va vous faire sans doute sourire, mais ma première année (1974-1975) a été pour moi un éblouissement intellectuel. J’étais passionné par les matières qu’on m’enseignait, ce qui ne m’était pas arrivé depuis longtemps : l’histoire du droit, les idées politiques, le droit civil, etc. J’avais la chance d’avoir des chargés de travaux dirigés et des enseignants captivants, je lisais et discutais beaucoup car l’époque était, il faut le dire, très politisée. Bref le bonheur pour un jeune homme de 17 ans qui avait passé – avec parfois un peu de douleur - ses trois  dernières années lycéennes à ne pratiquement faire que des mathématiques et de la physique. Toutes ces nouvelles matières m’ouvraient au monde, me donnaient des clés de compréhension de celui-ci, bref j’étais heureux !

Et alors que bien des années se sont depuis écoulées, j’éprouve toujours une profonde reconnaissance à l’égard du corps enseignant de la faculté de droit de Dijon qui m’a tant appris.