''Aller au-delà de ses peurs peut parfois nous emmener dans des endroits fabuleux''

''Aller au-delà de ses peurs peut parfois nous emmener dans des endroits fabuleux'' © Marie Raphanel

Marie Raphanel, étudiante en master 1 Psychologie clinique, mention psycho criminologie, est partie en échange pendant un semestre de sa licence 3 à l'université de Los Andes à Bogota en Colombie.

Motivation

J'ai toujours voulu partir à l'étranger pendant mes études et je savais également que ce serait pour la première fois en Amérique latine. En premier lieu, je me suis dit que c'était de la folie - tout le monde me disait que la Colombie était un pays très dangereux. Mais d'un autre côté des amis de mon cousin m'avaient fait part de leurs impressions et m'avaient dit ''Lances-toi, ce pays est juste fantastique !''.

Conditions pour partir

J'ai eu de la chance car je n'étais pas obligée de passer des tests ou d'autres épreuves afin d'être sélectionnée, mais les démarches administratives n'ont pas été évidentes à effectuer. Mon professeur de langue à l'uB m'a donné un certificat avec lequel j'ai attesté de mon niveau B1 en espagnol auprès de l'université partenaire.

Mes plus grandes peurs

Bien sûr comme tout étudiant je pense : la langue. Je ne savais pas si j'allais comprendre et pouvoir parler car finalement il faut bien le dire ce n'est pas en étant en cours en France qu'on apprend beaucoup en langue, on ne parle pas...

L'espagnol d'Espagne n'est pas le même que celui d'Amérique latine. Hors en France on apprend celui d'Espagne donc ce n'est pas forcément le même vocabulaire et le même accent mais grâce aux Colombiens et aux autres étrangers on apprend à ne plus avoir peur de parler une langue étrangère à voix haute.

Cours

Les cours étaient en espagnol mais nous avions beaucoup de lecture en anglais. Il faut savoir que l'université de Los Andes est une très bonne université et que son mode de fonctionnement ressemble à celui des Américains, c'est-à-dire énormément de lecture dans chaque cours chaque jour (15-30 pages par cours), plus des tests au début de certains cours, oraux (1h30 d'oral de neurosciences en espagnol mais j'ai survécu !) etc.

On a la chance d'assister à des cours avec des professeurs renommés dans toute la Colombie et même parfois d'Amérique latine. C'est vraiment une chance de pouvoir aller étudier dans une des plus prestigieuses universités de Colombie. Il ne faut pas la rater.

J'ai beaucoup aimé les cours de clinique car ils ont une vision de la clinique (point de vue des Américains, c'est comme un modèle pour eux) qui peut être très opposée à notre vision de certains outils que nous utilisons en France comme le DSM.
Les cours de neurosciences m'auront beaucoup aidé au niveau de la structuration de l'oral et les cours de l'art d'être parents au niveau de la structuration de l'écrit.

Il faut savoir que l'université de Los Andes est une très bonne université et que son mode de fonctionnement ressemble à celui des Américains.

Examens et progrès linguistique

Il y a énormément de travail, c'est en contrôle continu et ce mode de fonctionnement m'a beaucoup plu même si on m'avait dit que quand on part en échange on a très peu de travail. Je n'ai jamais eu une aussi bonne moyenne que là-bas: 14/20. Tout s'est bien passé mais il est difficile parfois de travailler en groupe avec des étudiants plus jeunes et qui n'ont pas les mêmes rythmes (ils travaillent tous au dernier moment !).

J'ai énormément évolué en espagnol. Nous avions également des cours d'espagnol pour nous aider. Notre professeur était fantastique et j'ai d'ailleurs gardé contact avec elle. On a cours toute la journée en espagnol alors on s'y habitue. On finit par penser en espagnol et plus en français. C'est plutôt drôle.

Logement

J'étais logée dans une grande maison à 15 min à pied de mon université ce qui évite les Transmilenio – le bus public toujours très rempli! J'habitais dans une grande collocation avec d'autres étrangers et Colombiens étudiants mais également des jeunes travailleurs.

J'ai trouvé mon logement via la page la France en Colombie. De là, on m'a orienté sur des sites pour trouver des collocations ou des appartements. Le loyer mensuel s'élevait à 200 euros environ ou 700 000 pesos colombien. C'est cher pour là-bas mais pas cher pour nous, c'est un entre deux pour malgré tout ne pas être seule et avoir des avantages : grande cuisine pour cuisiner tous ensemble, machine à laver, grande chambre, etc.

La vie étudiante

J'ai rencontré beaucoup d'amis et de connaissances que ce soient des personnes étrangères ou Colombiens. J'ai rencontré des personnes via l'Université ou bien dans des soirées, bars, parcs, expo, voyages en Colombie, par le biais d'amis ou de mes colocataires. Ça va très vite quand on a envie de connaître des gens et de s'ouvrir au monde !

Le soir il est préférable de rentrer ou de sortir en taxi qui est très peu cher. Mais je ne me suis jamais sentie en insécurité. Il est cependant important de rester sur ses gardes ainsi que d'être logique dans certaines situations.

Marie Raphanel

L'université de Los Andes à Bogota © Marie Raphanel

Budget et voyages

J'avais mis beaucoup d'argent de côté car je voulais en profiter un maximum. N'oubliez pas de penser à toutes les bourses possibles et inimaginables - elles n'arrivent pas tout de suite mais elles font plaisir quand elles arrivent. Il faut vraiment prévoir de l'argent si on veut en profiter même si la vie n'est pas chère du tout.

J'ai énormément voyagé dans le pays, ainsi qu'à Cuba et au Brésil. Je garde mon plus beau souvenir en Amazonie, des moments uniques avec un peuple tellement différent mais qui m'a apporté énormément à tous niveaux. Ce sont des moments magiques que je n'oublierai jamais.

C'est vraiment une chance de pouvoir aller étudier dans une des plus prestigieuses universités de Colombie. Il ne faut pas la rater.

La ville de Bogota et les différences culturelles et stéréotypes

La ville de Bogota est une ville très polluée mais aussi très jolie avec un charme particulier. Cela reste une grande ville mais avec ses particularités comme les petits vendeurs de rue, ou la rue principale seulement réservée aux piétons et cyclistes le dimanche. Une population à part entière, serviable et vraiment gentille. Je n'en ressors que des moments positifs même si la pauvreté est frappante et parfois difficile à gérer émotionnellement.

La culture est différente mais cela dépend des lieux. Bogota ressemble à nos grandes villes en France. La pauvreté est malgré tout plus forte, et des éléments varient. Il y a énormément de différences culturelles mais ceux qui me liront auront peut-être la chance d'y aller un jour alors je ne voudrais pas leur gâcher cet effet de surprise en arrivant là-bas. Une chose à dire : n'hésitez pas à marchander et surtout ne vous faites pas avoir !

Beaucoup trop de préjugés et stéréotypes sur la Colombie. En effet du trafic de drogues et autres criminalités sont présentes mais c'est un pays plein de ressources et qui va probablement évoluer durant les prochaines années au niveau du tourisme. N'écoutez pas tous les avis négatifs. Allez voir et vous verrez par vous-même que vous n'aurez plus envie de repartir !

Au bout du compte...

Cette expérience m'a enrichie en tout point. Professionnellement par les cours au niveau de la psychologie grâce aux professeurs que j'ai pu rencontrer mais aussi personnellement au niveau de la maturité, au niveau de la vie en général - aujourd'hui je vois les choses différemment, il faut être ouvert, savoir aider les autres et ne pas toujours se plaindre. Nous avons une belle vie en France, il faut vraiment se rendre compte qu'il y a pire que nous.
C'est une belle leçon de vie, de vie en communauté et d'apprentissage.

Le plus beau souvenir ? On rencontre des gens formidables ! Je dirais définitivement mes rencontres et en particulier celle d'une relation amoureuse avec un Colombien vivant en Amazonie. On rencontre des gens du monde entier et il faut garder ces liens si forts.

J'ai aimé ce séjour plus que tout. La seule chose négative qui me vient finalement ce fut qu'il n'y avait pas de bonne viande rouge et pour ma colloque qu'il n'y avait pas de fromage. Attention à l'altitude en arrivant qui peut bien fatiguer mais à nous les cuisses et les fesses en béton !

Projets pour l'avenir

J'aimerai retourner là-bas mais aussi dans tous les pays dans lesquels mes amis que j'ai rencontré en Colombie vivent.
J'aimerais repartir à l'étranger après avoir obtenu mon diplôme et faire de l'humanitaire.
Il ne faut pas hésiter - il faut se lancer!

Plus d'informations

Site internet de l'Universidad de los Andes.
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