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Récits d’étudiants réfugiés et de leurs étudiants compagnons français

Témoignages d’étudiants en exil qui ont suivi des cours de français langue étrangère (FLE) dans le cadre du DU Passerelle – Étudiants en exil à l’uB dont le but est de faciliter l’insertion universitaire et professionnelle des publics migrants ainsi que les interviews des étudiants français qui les ont accompagnés dans cet apprentissage.

Étudiants réfugiés

Rabab, diplômée de langue et littérature anglaises, est arrivée en France en provenance de Syrie en 2013. Elle a suivi des cours de français à l’uB ce qui a facilité son intégration professionnelle.

« Vivre en France n’était pas pour moi un grand choc culturel car j’avais déjà visité ce pays auparavant et j’ai mes deux frères qui habitent ici. La plus grande difficulté était le fait de ne pas parler la langue. J’ai suivi des cours de français organisés par l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII) mais ce n’était pas suffisant pour avoir un niveau correct. J’ai entendu parler par mes amis syriens qu’à l’université de Bourgogne on proposait des cours de français pour les réfugiés et j’ai eu la chance d’intégrer ce dispositif d’apprentissage gratuit lancé par le Pôle International au Centre des langues en 2016/2017.

Ces cours m’ont été très utiles car c’était pour moi l’occasion de commencer une nouvelle étape : après avoir amélioré mon niveau de langue j’ai fait une formation d’assistante commerciale import-export pour avoir une nouvelle compétence en France. Dans mon pays j’ai travaillé en tant qu’enseignante dans une école internationale pendant 10 ans mais aussi comme secrétaire pendant 7 ans dans une entreprise allemande à Damas. Et aujourd’hui j’exerce encore dans un autre domaine : je suis réceptionniste dans un hôtel à Beaune. Je suis en CDI et j’aime beaucoup mon travail qui me permet, entre autre, d’utiliser ma connaissance de la langue anglaise.

Ici en France je fréquente des amis syriens mais j’ai aussi des amis français et des collègues français avec qui tout se passe très bien. J’ai vraiment de la chance de vivre ici. Avoir un deuxième pays est une richesse qu’on ne peut pas mesurer. J’envisage de rentrer en Syrie mais que pour visiter. Maintenant ma vie est ici.

Je suis fière de mon parcours et en témoignant j’espère redonner courage aux autres. Tant qu’il y a de la vie il y a de l’espoir. A tout moment de notre vie et malgré tous les malheurs qui nous arrivent on peut toujours tout recommencer si nous gardons le moral et ne laissons pas la vie défiler devant nous sans ressaisir une nouvelle chance. »

« J’ai été obligé de quitter mon pays en 2013 à l’âge de 23 ans. J’étais étudiant en physique et mathématique à l’université Omdourman située dans la capitale Khartoum. J’ai été actif dans la vie associative étudiante et comme c’est le cas pour beaucoup d’autres associations, la nôtre avait pour but de promouvoir la culture et les actualités de ma région et de ma ville d’origine Al-Qadarif. On ne parlait pas beaucoup de politique mais quand des villages entiers étaient balayés suite aux bombardements on était obligés d’en parler quand même. Mais le Gouvernement n’aime pas quand des choses pareilles sont dites en public car même si tu vois ce qui se passe tu es sensé ne rien dire. On a été dénoncés pour nos propos et mis sur surveillance. Ensuite les pressions et les menaces ont commencé.

J’ai été obligé d’arrêter mes études et partir en Libye voisine où j’ai travaillé dans la vente et dans le bâtiment. Mais comme la situation en Libye empirait j’ai été à nouveau obligé de partir mais je ne pouvais plus rentrer dans mon pays. En 2016 j’ai alors pris un bateau avec 200 autres personnes et suis arrivé en Sicile. Je voulais juste trouver la paix.

Au départ mon but était d’arriver au Royaume Uni à cause de la langue anglaise que je maitrisais déjà et car là-bas il y a déjà beaucoup de Soudanais. Mais comme à Calais il n’était pas possible de passer la frontière j’ai décidé de demander l’asile à Paris d’où j’ai été transféré à Dijon.

Au départ j’ai eu peur car la langue française avait l’air difficile même si je la trouvais très jolie. Mais petit à petit on y arrive, j’ai appris beaucoup de choses. Aujourd’hui je me débrouille bien et je ne regrette pas d’être resté en France. Aucune langue n’est facile à apprendre mais si on fait des efforts on y arrive.

Les cours que j’ai suivis à l’université de Bourgogne m’ont beaucoup aidé. Avant d’intégrer le DU j’arrivais à comprendre mais j’avais beaucoup de mal à m’exprimer. Mon assistante sociale m’a aidé à postuler pour ce diplôme et j’ai réussi la sélection. Le programme ne consistait pas qu’en des cours de français mais aussi en des échanges avec des étudiants compagnons avec qui on a également fait plusieurs activités en dehors du DU ce qui nous a aidé à progresser plus rapidement.

En 2019/2020 je vais intégrer le DUT Génie électrique et informatique industrielle sur le campus du Creusot. Je veux changer de domaine et suis obligé de commencer depuis le début. Je compte continuer mes études jusqu’au niveau master. Après j’aimerais travailler ici. La France a fait beaucoup de choses pour moi et maintenant j’aimerais faire quelque chose pour la France, rester vivre et travailler ici.

Je suis sur la bonne voie d’intégration je pense. Ici j’ai des amis Soudanais bien sûr mais aussi des amis français. Les personnes qui font partie des associations et personnels de l’Université avec qui j’ai été en contact sont très aimables et je les remercie pour toute l’aide qu’ils m’ont apportée.

Il y aura toujours ceux qui vont penser que tous les réfugiés viennent que pour des raisons économiques mais personne n’est heureux de quitter son pays. Ça ne nous fait pas plaisir de laisser derrière nous notre famille et nos amis. C’est très dur pour nous et on part car nous sommes obligés de partir. S’il y avait la paix au Soudan j’aimerais retourner pour y vivre et rejoindre mes proches. Ça fait 6 ans que je n’ai pas vu ma famille mais je les appelle chaque vendredi sans faute. Heureusement qu’ici en France je suis entouré par des gens qui comprennent ma situation et la nécessité que j’ai eu de fuir mon pays pour vivre dans un lieu sûr. »

Walaa, d’origine syrienne, a suivi des cours de français pour les réfugiés à l’université de Bourgogne en 2016/2017.

« Après avoir quitté la Syrie j’ai travaillé pendant trois ans en tant qu’agent administratif dans une école en Turquie ce qui m’a fait perdre mes connaissances de français malgré le fait que j’avais obtenu une licence en littérature française en Syrie. J’avais vraiment besoin d’améliorer mon niveau de français en arrivant en France et les cours pour les réfugiés à l’université de Bourgogne m’ont beaucoup aidé. Ce programme m’a permis d’intégrer par la suite le master 2 Français langue étrangère et aires linguistiques de l’uB que j’ai validé en 2018.

Mon parcours depuis le départ de la Syrie a été marqué par de beaux et mauvais moments.

Je me rappelle le moment où je suis arrivée à l’ambassade de France à Istanbul pour obtenir mon visa. Deux sentiments complètements différents m’ont envahie : le bonheur car j’allais enfin pouvoir quitter la Turquie et la peur car j’allais vers l’inconnu et même si je connaissais déjà la langue et la culture françaises j’étais angoissée de vivre toute seule dans un pays étranger.

Dès que mes pieds ont touché le sol français à l’aéroport Charles-de-Gaulle j’avais envie de pleurer, de crier et je n’arrêtais pas de me dire Je ne connais pas ce pays, je ne connais pas ces visages, cette langue est tellement différente de la mienne – tout est si différent, j’ai tellement peur !

Mais j’étais aussi consciente que tout début est difficile et que la vie nous met parfois de grands obstacles qu’on est obligé de surmonter seuls. Je ne sais pas si je devrais dire à cause de ou grâce aux difficultés qui m’ont fait ouvrir les yeux que je suis devenue la personne d’aujourd’hui.

Petit à petit j’ai commencé à voir le bon côté des choses : j’étais en sécurité en France et je n’avais plus peur de perdre ma vie. Les mois se sont transformés en années et je pense que j’ai eu beaucoup de chance. D’abord en obtenant très rapidement mon statut de réfugié, ensuite en entrant l’Université et aujourd’hui en 2019 j’ai un vrai travail en tant que formatrice en français langue étrangère.

Je viens de donner mon tout premier cours de français aux trois groupes de 15 jeunes étrangers, une chose dont je ne pouvais même pas rêver au moment où je suis arrivée en France il y a trois ans. J’essaie de transmettre à mes élèves tout ce que j’ai appris de la culture et de la langue françaises mais je les aide aussi avec les démarches administratives car encore récemment je me trouvais dans la même situation qu’eux.

Et maintenant je peux dire que mes rêves sont devenus la réalité. Et ça n’aurait pas été possible sans l’espoir. J’ai toujours cru en moi et mes rêves. Et aujourd’hui, le jour anniversaire de mon arrivée en France, je voudrais dire merci à toutes les personnes qui ont fait partie de ma vie depuis ces trois ans. Je voudrais aussi passer un message à toute personne souffrante : il ne faut jamais abandonner, jamais baisser les bras même si le présent est difficile l’avenir peut s’éclaircir.

En ces trois ans j’ai appris beaucoup et j’ai beaucoup changé aussi mais trois choses ne changeront jamais : je souhaiterai toujours que mon pays devienne libre, je serai pour toujours reconnaissante envers la France pour tout ce qu’elle a fait pour moi et je resterai toujours fidèle à moi-même. »

« Ça fait deux ans que je suis en France. Les cours de français à l’uB m’aident à améliorer mon niveau de langue. Dans mon pays j’ai obtenu un diplôme dans le social et à l’avenir j’aimerais étudier de nouveau pour obtenir un diplôme dans le même domaine à l’université de Bourgogne pour pouvoir exercer en France.

Dans le cadre du DU nous participons aux ateliers obligatoires de théâtre et de radio mais pouvons également suivre d’autres ateliers comme par exemple l’atelier sur le recyclage ou les ateliers interculturels qui nous permettent d’en apprendre plus sur les autres cultures et la société dans laquelle nous vivons aujourd’hui.

Il y a aussi des activités organisées par l’association Aram qui propose des sorties et des événements pour favoriser l’insertion culturelle et sociale des étudiants exilés du DU.

Mon atelier préféré est l’atelier théâtre dirigé par un metteur en scène roumain qui vient ponctuellement en France dans le cadre de la coopération universitaire.

J’espère pouvoir bientôt intégrer une formation diplômante à l’université de Bourgogne car le but de ce DU est, entre autre, de nous préparer à continuer nos études supérieures pour pouvoir mieux nous intégrer après. »

« Je suis originaire de la ville de Hama en Syrie. En 2011 je suis parti aux Émirats Arabes Unis pour travailler et quand j’ai voulu rentrer en Syrie ce n’était plus possible à cause de la guerre. En 2012 ma femme m’a rejoint aux Émirats Arabes Unis où on s’est mariés pour partir ensuite ensemble en Turquie. Je suis arrivé en France tout seul en 2015 et en mars 2016 ma femme et ma petite fille m’ont rejoint.

J’ai obtenu le statut de réfugié politique en France et j’ai eu la chance d’intégrer des cours de français à l’université de Bourgogne qui m’ont aidé à améliorer mon niveau car je voulais continuer mes études dans l’enseignement supérieur. Dans le dispositif de l’université de Bourgogne dédié aux réfugiés j’ai trouvé particulièrement utile l’accompagnement des étudiants locaux qui sont devenus des amis aujourd’hui.

Pour m’intégrer j’essaie justement d’échanger avec mes amis français le plus possible. Avoir du travail et faire du bénévolat est également très important pour s’intégrer dans une société. Je suis passionné par la photographie et j’ai eu de la chance de travailler sur différents projets avec la ville de Dijon, Sciences Po Dijon et les associations comme le Secours populaire et la Cimade. Je partage mes photos sur ma page Facebook Miroir d’expatrié sur la Bourgogne et sur Instagram. J’aime également faire les vendanges.

L’an dernier j’ai terminé une formation professionnelle d’assistant commercial import-export à la CCI et aujourd’hui, en 2019, je suis une formation en hôtellerie-restauration et j’ai un contrat d’apprentissage dans un hôtel dijonnais. 

Ce qui m’a le plus choqué en France était la lenteur et la lourdeur de l’administration et ce qui m’a agréablement surpris sont le système démocratique, les droits de l’homme et les libertés.

Aujourd’hui je m’estime bien intégré en France et suis content. En perfectionnant encore mon niveau de langue ma situation ne peut que s’améliorer. »

Étudiants compagnons

 »J’avais envie de me rendre utile mais dans ma vie privée je n’ai jamais trouvé le temps pour m’engager concrètement dans un projet. Quand j’ai appris qu’une possibilité existait au sein de l’uB je n’ai pas hésité à m’engager dans des activités en faveurs des étudiants réfugiés. En étant étudiante en première année de licence en Information – Communication à l’UFR Lettres et philosophie j’ai pu choisir une unité d’enseignement (UE5) proposée dans le cadre de mon programme d’études.

Mon rôle était d’échanger avec un étudiant réfugié inscrit au DU pour les étudiants en exil. Le travail que je faisais avec Abdullah se déroulait sur 20 séances d’une heure pendant lesquelles je l’aidais à faire ses exercices, je vérifiais sa compréhension des consignes, supervisais son cahier de cours et répondais à ses questions sur le vocabulaire, grammaire, prononciation ou encore la culture française.

En plus de ces séances avec les étudiants réfugiés, tous les étudiants compagnons ont pu suivre des formations au tutorat dans lesquelles nous avons évoqué les problèmes qu’on rencontrait et avons réfléchis à des solutions possibles pour les résoudre. Nous avons également assisté aux conférences publiques organisées par l’uB sur la thématique de la situation des réfugiés en Côte-d’Or.

Cette expérience d’étudiante compagnon m’a permis de mieux connaitre et comprendre la situation des réfugiés en France mais aussi d’avoir un contact humain avec Abdullah et d’apprendre à  »apprendre » car transmettre des connaissances n’est pas toujours évident.

Par moments, j’ai eu des difficultés à l’aider car je ne me souvenais plus de certaines règles de français étudiées il y a longtemps ou car je n’arrivais pas à trouver une définition simple à un mot ou une expression. Je manquais d’assurance aussi face à Abdullah qui a 33 ans et plus de vécu que moi. Mais je me suis très vite sentie en confiance grâce à lui.

Je trouve qu’on a construit une bonne relation – on s’entendait bien et on se comprenait quand on travaillait ensemble. J’ai même été invitée, avec d’autres étudiants compagnons et réfugiés, à aller manger un plat yéménite préparé par Abdullah.

Être étudiant compagnon est une expérience qu’il ne faut pas hésiter à saisir ! C’est riche humainement et formateur. On se sent aussi utile. »

Lou, étudiante en licence 2 Lettres à l’UFR Lettres et philosophie en 2018/2019 a accompagné dans l’apprentissage de français Lubna, une jeune femme syrienne qui a suivi des cours de français pour les réfugiés à l’université de Bourgogne.

« J’entendais parler tous les jours de l’accueil des publics migrants dans tous les médias et j’avais, avant de rentrer à l’Université, comme objectif professionnel celui de poursuivre mes études par un Master FLE (français langue étrangère) afin d’enseigner ma langue maternelle à des publics étrangers – j’imaginais partir dans des établissements étrangers, ou bien rester en France et enseigner aux publics non-francophones. C’est cette aspiration professionnelle qui m’a menée à choisir cette unité d’enseignement (UE) qui nous donnait l’occasion d’accompagner des étudiants migrants ayant besoin d’améliorer leur niveau de français. Concernant ma sensibilité au sujet plus large de l’accueil des publics migrants, je pense que c’est avant tout d’un point de vue humain que mon choix s’est rapidement établi : si je pouvais faire quelque chose, à mon échelle, pour aider à l’insertion d’une personne réfugiée, alors il était inconcevable de ne pas essayer. »

Tâches et activités d’un étudiant compagnon

« Nous aidons du mieux possible à l’insertion scolaire – dans de l’aide aux devoirs notamment – mais également sociale et culturelle de l’élève migrant que nous accompagnons. C’est une partie de notre engagement que, d’après moi, nous ne devons pas négliger. C’est autrement plus intéressant et efficace d’appréhender le langage au travers des actions quotidiennes, voire du patrimoine français qu’il y a à découvrir.

Au début du premier semestre pendant lequel j’ai eu l’occasion de suivre Lubna, j’ai pu remarquer qu’elle ne connaissait que très peu le français. Cependant, elle semblait très vite comprendre les règles de conjugaison et de grammaire, ainsi nos premières séances étaient plus rythmées par un apprentissage du vocabulaire, au travers de fiches que je préparais moi-même sur la ville de Dijon, sur les fêtes d’Halloween, de Noël, ou tout ce qui touchait à son actualité quotidienne en France. Petit à petit, j’ai compris que Lubna s’intéressait vraiment aux aspects culturels (les noms des fleurs, l’histoire du cinéma…) et c’est donc ce sur quoi on a axé nos séances de travail au second semestre. »

Une expérience enrichissante humainement et professionnellement

« D’un point de vue personnel, et dans l’optique de mon projet professionnel, il est très gratifiant de constater les progrès de l’élève avec laquelle je travaille. Il est aussi très intéressant de constater mes propres lacunes dans les disciplines de la langue française, ce qui m’a permis de revoir quelques leçons. Mais cette expérience m’a principalement apportée d’un point de vue humain : nous sommes devenues très amies, et je suis heureuse de constater que Lubna peut me faire confiance si elle a un quelconque besoin d’aide (Connais-tu un coiffeur pas trop cher mais doué sur Dijon ?, Peux-tu m’aider à rédiger ma lettre de motivation ?).

La participation à cette UE ne consiste pas seulement en un suivi scolaire et culturel d’un élève migrant, nous devons également suivre un cycle de conférences sur la question des conditions d’accueil des publics réfugiés, en France et/ou en Côte d’Or. J’ai principalement été sensibilisée par les médias qui m’apportaient des renseignements sur l’actualité concernant cette question. Or les conférences m’ont permises de l’aborder plus largement, et au travers de différents aspects : politique, juridique, associatif… J’ai ainsi pu en apprendre davantage sur les aspects politiques de la question de l’accueil des publics migrants, et sur les actions que je peux mener pour participer à l’amélioration de leur intégration, au niveau des universités notamment. Plus encore, si j’ai pu apporter quelques connaissances à Lubna, je pense pouvoir dire qu’elle m’a également beaucoup apporté. Nous avons pu à chaque fois échanger sur nos expériences communes, suivant nos cultures ; et plus encore nous avons partagé certaines recettes, certains tupperwares contenant les plats typiques de nos pays respectifs que nous adorons… C’est une expérience humaine très enrichissante.

Concernant ma motivation professionnelle, j’ai pu – grâce à mes recherches pour parvenir à combler certaines lacunes de manière ludique et efficace – découvrir de nombreuses méthodes d’apprentissage, pour les enfants notamment. Alors que j’étais plutôt décidée à enseigner à des lycéens non-francophones, cette expérience a encouragé mon choix à se porter sur l’enseignement aux plus jeunes. J’aimerais ainsi beaucoup travailler dans l’enseignement en maternelle/primaire, notamment au  vu des activités que j’ai adoré élaborer, et également par l’approche culturelle que je pense pouvoir mieux transmettre à des enfants. Or cette expérience m’a également motivée dans mon idée de poursuivre l’enseignement aux publics migrants, peut-être dans une optique de bénévolat en parallèle de mes études et/ou de ma profession de professeur des écoles. »

Une relation proche

« Je ne m’attendais pas à lier une si grande amitié avec quelqu’un que j’appréhendais d’abord comme une élève. C’est ce qui fait que cette UE est très enrichissante : on participe surtout à l’insertion sociale et culturelle de l’élève ; grâce à moi, Lubna a pu parler plus librement qu’avec des professeurs, et dans un cadre peut être moins formel qu’avec des conseillers d’orientation.

Il y a également eu des moments où nous avons beaucoup ri. Un jour, en arrivant, Lubna a voulu me signifier que le vent était particulièrement fort dehors, en me disant : Le vent frappe nos visages !, et je lui ai expliqué qu’on dirait plutôt que le vent fouette nos visages. Deux jours plus tard, en sortant de la bibliothèque universitaire, Lubna s’est écriée ça fouette !. J’ai donc dû lui expliquer que fouetter pouvait également signifier sentir mauvais. Elle s’est sentie un peu gênée mais nous avons tout de même beaucoup ri. »

Notre devoir d’accueillir dignement les publics migrants

« Il est selon moi important d’accueillir les publics migrants de conflits politiques dans leurs pays d’origine. Il a été affreux de constater, lorsque nous avons tenté de rédiger le curriculum vitae de Lubna, que son lycée avait été rasé par la guerre. Elle a, comme bon nombre de ses compatriotes, quitté son pays car il était trop dangereux, et par révolte face au fait qu’il ne soit pas laïque et juste. Un aspect, relevé notamment au cours des différents colloques auxquels j’ai pu participer, me choque particulièrement : celui du règlement de Dublin. Je pense qu’il reste de nombreux aspects à corriger à l’échelle européenne, concernant la crise migratoire. Mais plus encore, nous nous devons d’accueillir ces publics dans des conditions dignes.

Après ma licence je vais me présenter au concours de la Fémis (école nationale supérieure des métiers de l’image et du son) pour essayer de devenir réalisatrice mais j’aimerais poursuivre mon accompagnement d’élèves migrants à l’Université, et bien évidemment continuer de voir Lubna dans un cadre personnel. »

Contacts

 Pôle International

Diplôme universitaire (DU) Passerelle – Étudiants en exil

Centre international d’études françaises
(CIEF)

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Témoignages d’étudiants en exil qui ont suivi des cours de français langue étrangère (FLE) dans le cadre du DU Passerelle – Étudiants en exil à l’uB dont le but est de faciliter l’insertion universitaire et professionnelle des publics migrants ainsi que les interviews des étudiants français qui les ont accompagnés dans cet apprentissage.

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