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10 ans après notre Erasmus à Dijon

Un groupe de sept personnes, tous anciens étudiants internationaux à l’uB, a décidé de se rencontrer à Dijon en octobre 2019 – dix ans après leur échange Erasmus qui a eu lieu en 2009/2010. On les a suivis pendant un week-end très fort en émotions, remplis de rires, de nostalgie, de bébés Erasmus, d’amitiés qui durent et d’espoir pour une communauté européenne ouverte, forte et unie.

Margarita, Martin, Anna, Elisa, Luitpold, Anna-Maria, Friederike et Aurélien partagent avec vous leurs souvenirs et leurs parcours. Linda, bébé Erasmus, a beaucoup bavé mais a tout de même bien profité de son premier séjour à Dijon où ses parents ont fait leur connaissance tout juste il y a 10 ans.

Margarita, Bulgarie

« Avant de mourir il faut faire Erasmus ! Cette expérience m’a beaucoup changée, ma vie a beaucoup changé grâce à ce séjour à l’étranger. C’est tellement bouleversant au départ !

C’était la première fois que j’allais passer toute seule autant de temps à l’étranger. Je me posais beaucoup de questions – est-ce que j’allais me débrouiller, est-ce que je suis comme les autres, est-ce que je parle suffisamment bien le français, est-ce que mes connaissances universitaires suffisent pour réussir mon semestre à l’étranger pour pouvoir valider ma 4ème année de droit à l’Université Sveti Kliment Ohridski de Sofia en Bulgarie qui était mon université d’origine… Au final tout s’est bien passé, j’ai appris beaucoup sur les autres cultures, j’ai pu profiter de dispositifs avantageux pour les étudiants qui nous permettaient de faire du sport, de voyager, de participer aux activités culturelles… »

J’ai aussi pu voir que les clichés sont tellement vrais ! Les Allemands étaient toujours ponctuels, les Italiens pensaient qu’à la bouffe et les Espagnols voulaient toujours faire la fête. J’ai aussi vite senti que l’Europe de l’Est a une mauvaise image en Occident. Souvent on me demandait des questions presque humiliantes comme par exemple si en Bulgarie on avait la télé ! On est tous Européens et pourtant on dirait qu’il existe une sorte de séparation Est-Ouest mais je pense que le programme Erasmus aide beaucoup à changer les idées reçues, ouvrir les esprits…

« Je garde aussi un souvenir de l’administration très lourde et de nombreuses interdictions qui m’ont choquée : il est interdit de faire ceci à la cuisine du CROUS, interdit de faire cela dans l’amphithéâtre…

A l’époque la ville était assez vide le soir. Aujourd’hui c’est différent et je suis contente de revenir à Dijon et la vivre autrement – avant on était des étudiants pauvres qui buvaient du kir bon marché et aujourd’hui on peut se permettre de déguster du bon vin dans de plus prestigieuses caves bourguignonnes et gouter aux spécialités locales dans des grands restaurants dijonnais.

J’ai vu Martin pour la première fois à une fête Erasmus. Il a été tout de suite mon coup de cœur mais me considérait comme une amie et avait une copine espagnole puis une autre, italienne. Secrètement amoureuse je n’arrêtais pas de parler de lui à Anna qui était ma meilleure amie Erasmus. Après notre séjour à Dijon avec Martin on a échangé quelques messages sur Facebook mais rien de plus. Et puis un jour il est venu en voyage en Bulgarie où tout a commencé. Après une liaison à distance on est arrivés au point de décider si on allait se séparer ou vivre ensemble. C’est moi qui l’ai rejoint en Allemagne. On a aussi habité en Suisse où je jonglais entre mes études et le stage et le travail aux ambassades bulgares à Berne et à Lucerne.  

Quand on est retournés en Allemagne j’étais au 8ème mois de grossesse avec notre première fille, Amélie. On lui a donné un prénom français pour nous rappeler notre séjour à Dijon où on s’est rencontrés. Et Linda est arrivée un peu plus tard.

C’est vrai qu’avec mon diplôme étranger, très peu d’expériences professionnelles et les enfants en bas d’âge il n’est pas évident de construire une carrière. J’aimerais exercer dans le domaine juridique et je suis en train de suivre une formation de droit allemand pour les juristes étrangers à l’Université de Johannes-Gutenberg de Mayence. J’espère que cela m’aidera à trouver le travail que je souhaite. Je n’exclus pas la possibilité de faire une thèse après. »

En attendant d’exercer dans mon domaine j’ai ouvert une petite entreprise qui exporte du vin bulgare en Allemagne et en Suisse. Ainsi je garde un lien avec mon pays d’origine et je contribue à sa promotion à l’international. Avec Martin on pense peut-être déménager dans un autre pays bientôt. L’Europe c’est la mobilité, la mixité et l’interculturalité.

Anna, République tchèque

« J’étudiais à l’Université de Masaryk à Brno en République tchèque avec laquelle l’université de Bourgogne a un accord de coopération en droit. J’ai passé un an en échange à Dijon pendant mes études de master. A l’uB j’ai fait beaucoup de droit international – droit de l’UE, droit international privé, droit humanitaire etc. J’ai indéniablement acquis un niveau professionnel dans cette branche de droit grâce à mon échange à Dijon.

Après avoir fini mes études j’ai travaillé pendant 6 mois en tant qu’avocate quand j’ai reçu une offre de travail de la part d’une banque que j’ai acceptée. J’aime beaucoup mon poste car je travaille sur des questions de modes de payements innovants comme Google Pay par exemple et j’ai beaucoup de contacts avec différentes entreprises avec lesquelles je communique en anglais. Le travail est plus dynamique que d’être dans un cabinet d’avocats et j’aime beaucoup l’ambiance au niveau relationnel.

Partir en échange Erasmus a été très formateur et m’a donné confiance en moi. Parler une autre langue, s’inscrire dans une université étrangère, souscrire à une assurance, ouvrir un compte bancaire, demander l’aide au logement… – il est déjà très compliqué de faire tout ça dans sa langue maternelle alors devoir le faire en français m’a vraiment aidé à être plus débrouillarde !

J’ai été très contente ici à Dijon. C’est une ville idéale en termes de grandeur, de coût de vie et il y a beaucoup de choses à faire. J’ai profité des réductions culturelles et j’ai aussi fait plein d’excursions et de randonnées. J’ai habité dans une des résidences Mansart où on était toujours ensemble entre étudiants Erasmus – on déjeunait ensemble, on dînait ensemble, on trainait ensemble dans les chambres en ne faisant rien, en papotant…. Aujourd’hui, 10 ans après, je suis très nostalgique. J’ai eu beaucoup de chance d’avoir effectué cet échange, j’ai rencontré beaucoup de gens que j’apprécie énormément.

Avant cette rencontre j’avais peur d’avoir beaucoup perdu en langue française mais je suis agréablement surprise car je me rends compte que ça reste quelque part. Après mon Erasmus quand je suis retournée en République tchèque j’ai suivi un cours conversationnel, j’ai regardé des films en français et j’ai essayé aussi de lire en français et de consulter la presse internationale quand un sujet m’intéressait. »

Elisa, Italie

« Je faisais mes études en lettres modernes à l’Université de Pise en Italie quand j’ai décidé d’effectuer une mobilité Erasmus. En tant qu’étudiante en échange à l’uB j’ai suivi des cours en philosophie au niveau licence. Je suis restée une année académique à Dijon et après j’ai continué mes études en master 1 en interprétation à Trieste et en master 2 en traduction à Pise. »

Cet échange en France m’a fait comprendre que je voulais faire de la traduction/interprétation – c’était une période décisive pour mon orientation professionnelle.

« Pour finir mes études de master j’ai effectué un stage dans une agence de traduction à Cambridge au Royaume-Uni où je vis et travaille encore aujourd’hui. D’un côté je suis employée à temps partiel dans la bibliothèque municipale et de l’autre côté je fais des traductions à mon propre compte.

Partir à l’étranger m’a appris à être indépendante et à avoir plus confiance en mes capacités. Le plus dur a été de faire ma valise quand je suis partie pour Dijon. Mais grâce à Erasmus j’ai trouvé mon identité européenne. Pour moi il est difficile de dire aujourd’hui que je suis Italienne – j’ai vécu en France, je vis aujourd’hui au Royaume-Uni avec mon compagnon anglais et toutes ces expériences et influences m’ont construite en tant que personne, en tant qu’Européenne. »

Avant je pensais qu’il était impossible de nouer une profonde amitié ou tomber vraiment amoureux d’une personne venant d’une autre culture à cause de toutes les différences et barrières qui existent aux niveaux culturel et linguistique mais après l’avoir vécu je sais que ces sentiments sont tellement forts qu’ils resteront pour la vie.

Anna-Maria, Allemagne, origine Croatie

« J’ai passé six mois en échange à l’uB dans le cadre de mes études de master en pharmacie. J’ai voulu partir à l’étranger car je me suis dit que c’est le meilleur chemin pour devenir indépendante. A Dijon j’ai rencontré beaucoup d’amis, j’ai beaucoup apprécié la gastronomie française et ça m’amusait beaucoup quand les Français faisaient la grève.

Aujourd’hui je travaille à l’Université de Johannes Gutenberg de Mayence où j’ai obtenu mon master et mon doctorat. J’encadre les étudiants en 3ème cycle, je donne quelques cours et travaille sur la production de médicaments qui servent dans des études.

Je suis heureuse qu’on se soit retrouvés 10 ans après notre échange Erasmus à Dijon. On s’est dit que maintenant on allait se voir plus souvent. J’espère qu’on le fera vraiment. »

Aurélien, France

Aurélien, Français, est un intrus dans cet article mais il mérite d’y figurer car il est un élément fédérateur.

« A l’époque je n’étais pas du tout étudiant à l’université de Bourgogne. Je travaillais déjà et habitais dans une collocation de 5-6 personnes parmi lesquelles il y avait toujours un Erasmus. Dans notre appartement on organisait régulièrement de grosses fêtes et j’apprenais souvent aux étudiants étrangers les chansons de Claude François. Ces rencontres et échanges ont sans doute influencé mon idée de partir découvrir l’Amérique latine avec un sac à dos. Je l’ai fait et j’ai aussi vécu en Argentine. Aujourd’hui je suis de retour à Dijon où j’ai ouvert plusieurs restaurants Boludo servant des empanadas, spécialités argentines. C’est vraiment sympa de se rencontrer de nouveau 10 ans après même si cela nous rappelle qu’on vieillit un peu trop vite peut-être. »

Luitpold, Allemagne

« J’ai fait mes études en traduction à SDI München. J’ai passé un semestre à l’université de Bourgogne pendant mes études de licence. A Dijon j’ai suivi les cours en économie et en langues. Après mes études j’ai travaillé en marketing, gestion, exportation et en communication car j’ai aussi fait un master en communication pendant les cours du soir.  

Aujourd’hui je travaille comme jardinier à Munich ! Les métiers en communication et marketing ne m’ont pas plu et j’ai voulu avoir un métier manuel du coup j’ai suivi une formation de jardinier et aujourd’hui je suis heureux dans mon métier. »

Je garde la période d’échange en France parmi mes plus beaux souvenirs – j’ai rencontré pas mal d’amis et j’ai beaucoup voyagé : Finlande, Espagne, Italie… La mobilité internationale est une bonne chose pour créer et renforcer l’esprit européen.

« 10 ans après mon échange Erasmus je suis très nostalgique mais toujours très content de l’avoir fait. Pour préserver l’Europe il est important de rencontrer des personnes de différentes origines – cela nous aide à mieux comprendre les autres et diminue les idées nationalistes. Le fait que le programme Erasmus se développe de plus en plus redonne l’espoir en l’Europe. »

Friederike, Allemagne

« Mon université d’origine était Johannes Gutenberg de Mayence et je suis venue en échange à l’uB pendant mes études de master en sciences pharmaceutiques. Cette expérience a changé ma vie et m’a fait grandir. C’était une belle période de ma vie car, contrairement à un rythme très intense en Allemagne, à Dijon j’ai pu voyager et passer du temps avec mes amis tout en validant mon année à l’uB.

Les étudiants français qui avaient effectué un échange auparavant ont été beaucoup plus ouverts avec nous qui étions des étudiants étrangers dans leur pays. Certains nous ont beaucoup aidés et moi-même je suis devenue plus ouverte.

Il faut absolument oser partir ! Ça peut paraitre difficile – moi aussi j’ai dû quitter ma zone de confort  – mais il s’agit d’une expérience formidable et je n’ai jamais rencontré quelqu’un qui n’aurait pas aimé son expérience internationale ! »

Après mes études de master j’ai fait un doctorat à Dortmund où j’ai aussi été en contact avec de nombreux étudiants internationaux venant d’Asie, d’Inde, du Proche Orient… Et aujourd’hui je travaille à Munich dans une entreprise pharmaceutique dans un milieu international. J’ai absolument voulu travailler entourée de personnes d’origines différentes et mon expérience à Dijon m’aide à mieux les comprendre et à mieux savoir ce qu’eux attendent de nous aussi.

Martin, Allemagne

« J’ai fait le lien entre nous tous depuis notre séjour à Dijon car j’ai beaucoup voyagé pour rendre visite aux amis rencontrés en France et éparpillés aujourd’hui partout en Europe. Ainsi j’ai aussi visité la Bulgarie pour revoir Margarita qui est devenue ma femme. Après une relation à distance, elle m’a rejoint en Allemagne en 2013. Notre première fille Amélie est née en 2016 et Linda en 2018. On a voulu donner des prénoms européens à nos enfants. Lors de notre séjour Erasmus à Dijon nous avons vécu l’Europe. Il s’agit d’une expérience forte qui nous permet de mieux comprendre les problèmes des autres et d’avoir aussi une vision différente de notre propre pays sans oublier la découverte de la France et la rencontre d’amis venant de nombreux pays. »

Aujourd’hui, 10 ans après, je ressens la joie de nous voir réunis ici. J’aurais voulu qu’on soit plus nombreux à cette rencontre mais je comprends aussi que chacun à sa vie et ses obligations.

Après mes études en sciences pharmaceutiques à l’Université de Johannes Gutenberg de Mayence j’ai travaillé d’abord dans une pharmacie après quoi j’ai passé plusieurs mois dans un laboratoire mais cette expérience ne m’a pas vraiment plu. Aujourd’hui je travaille dans une pharmacie familiale à côté de Francfort. J’essaie de venir à Dijon une fois par an pour voir Aurélien et me rappeler des bons souvenirs vécus pendant mon époque Erasmus. »

  Le programme Erasmus+ est cofinancé par l’Union européenne.

Contacts

 Pôle International

Diplôme universitaire (DU) Passerelle – Étudiants en exil

Centre international d’études françaises
(CIEF)

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